►BÉNIN : RSF DÉNONCE QUINZE MOIS DE DÉTENTION DE DEUX JOURNALISTES ET INTERPELLE WADAGNI
Oct14
Le successeur de Patrice Talon ne peut choisir son héritage. IL reçoit les chantiers, mais aussi les prisonniers politiques, les exilés et les journalistes détenus. Les projets de développement de Romuald Wadagni ne sauraient le dédouaner de leur sort.À Ouidah, Hugues Comlan Sossoukpè n’a qu’un sifflet pour appeler les gardiens en cas d’urgence. Fondateur du média Olofofo, il souffre d’asthme et de problèmes oculaires. Reporters sans frontières (RSF), qui lui a rendu visite le 30 septembre, dénonce l’absence de suivi médical régulier, les restrictions de visites et la privation de radio et de télévision.
À Cotonou, Ali Moumouni, ancien journaliste de Canal 3, partage une cellule d’environ seize mètres carrés avec huit autres détenus. Arrêtés en juillet 2025, les deux hommes attendent toujours leur procès.
L’affaire Sossoukpè commence pourtant loin d’une prison béninoise. Invité à Abidjan, le journaliste y est enlevé le 10 juillet 2025, puis transféré au Bénin par avion privé, selon l’enquête de RSF, qui a saisi la Cour de justice de la CEDEAO.
Le précédent de Steve Amoussou, enlevé à Lomé en août 2024 puis conduit au Bénin, donne à ce récit une dimension supplémentaire. Deux hommes ont été condamnés pour cet enlèvement. Steve Amoussou a recouvré la liberté en août 2026, au terme de sa peine.
Sossoukpè et Moumouni sont poursuivis notamment pour harcèlement informatique, incitation à la violence, rébellion et apologie du terrorisme. La présomption d’innocence et les garanties du procès équitable s’imposent à ces procédures comme à toutes les autres.
*Au cœur du dossier se trouve un paradoxe juridique. Le Bénin a dépénalisé les délits de presse, mais son Code du numérique permet encore de sanctionner pénalement certaines publications en ligne.* RSF en réclame la réforme et demande la libération des deux journalistes.
La question dépasse leurs cellules. Le sort des opposants emprisonnés, notamment Reckya Madougou et Joël Aïvo, et celui des citoyens contraints à l’exil relèvent désormais de la responsabilité politique du pouvoir Wadagni.
Durant la campagne présidentielle, celui-ci assurait que ces dossiers seraient traités « en temps voulu, avec responsabilité ». Aujourd’hui, cette responsabilité appelle des réponses précises.
Le président n’est pas un tribunal. IL peut néanmoins impulser des réformes, veiller à des conditions de détention dignes et ouvrir les voies d’un apaisement national. *Le développement ne saurait indéfiniment servir d’écran à ces responsabilités.*
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►*HUGUES SOSSOUKPÈ : QUAND LE KIDNAPPING DEVIENT UNE MÉTHODE DE GOUVERNEMENT*[https://www.facebook.com/kmikaila/posts/pfbid036JjGUCt7XmsmD9FrdJwj1ggckcQZ6NGNDNSsHQSupVDjjsRDSGAo7KHFcTP1mZYfl]
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*Date* : 12 octobre 2026.
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